Les marchés d’actions se sont accordés un petit répit cette semaine, avec notamment un beau rebond de 8,3% sur la séance de jeudi, marquée par des rachats à bon compte.

Pour autant, le repli encaissé à nouveau ce vendredi montre que les conditions d’une reprise durable ne sont pas réunies et que les investisseurs restent en proie au doute.

Il faut dire que la pandémie de coronavirus continue de sévir durement dans de nombreux pays. Si elle a perdu en intensité en Chine, elle se propage à une vitesse inquiétante aux Etats-Unis, où l’administration tarde à prendre les mesures de confinement qui s’imposent. Dans un souci purement électoral, Donald Trump a préféré donner la priorité aux marchés d’actions en multipliant les discours rassurants plutôt que se préoccuper de la santé de la population.

Mais au rythme où vont les choses, l’Amérique pourra difficilement se passer d’un arrêt forcé de son économie, alors que celle-ci commence déjà à accuser le coup si l’on en juge la destruction de 3,3 millions d’emplois constatée sur la seule semaine du 15 au 21 mars.

Attendons-nous par conséquent à une chute vertigineuse du PIB au deuxième trimestre, tant aux Etats-Unis qu’en Europe, où la pandémie n’a toujours pas atteint son pic. De leur côté, les entreprises multiplient les avertissements sur leurs objectifs annuels et beaucoup, à l’image d’Airbus, de Safran, de JC Decaux, de Tarkett ou d’Europcar ont préféré renoncer à verser un dividende, sinon le rogner, pour préserver leur trésorerie mise à mal par la chute des ventes. De son côté, l’Etat français va demander à toutes les sociétés dont il est actionnaire, de passer aussi leur dividende, ce qui n’est pas forcément un bon signal pour les investisseurs.

Tant que l’impact du coronavirus se limite à un ou deux trimestres, la situation n’aurait rien d’inquiétante dans la mesure où les Etats et les banques centrales redoublent d’imagination afin de soutenir l’activité économique pendant cette période transitoire.

Ces derniers jours, le Sénat américain est parvenu à un accord entre les partis démocrates et républicains pour mettre en œuvre un plan de relance de …2000 milliards de dollars ! C’est presque l’équivalent de 10% du PIB du pays ! Quant à la Réserve Fédérale, elle ne se fixe désormais plus aucune limite pour racheter des emprunts d’Etat et va donc alimenter autant qu’il le faut, les circuits en liquidités. L’Europe n’est pas en reste avec des plans de 550 milliards d’euros en Allemagne, de 330 milliards de livre sterling au Royaume Uni et de 300 milliards d’euros en France, à destination notamment des petites et moyennes entreprises, tandis que la BCE veille aussi à l’approvisionnement en liquidités à travers un programme de rachat d’actif de 750 milliards d’euros.

Le risque réside dans un prolongement de la pandémie de coronavirus au-delà du premier semestre 2020.

Dans une telle hypothèse, les dégâts seraient beaucoup plus graves et les faillites deviendraient inévitables. Cela va dépendre en grande partie de la manière dont les Etats-Unis vont réagir face à la menace du fléau. Plus vite les mesures de confinement seront prises et plus vite le monde sortira de cette crise inédite.

Dans un scénario optimiste, un début de normalisation pourrait être envisagé pour le deuxième semestre et les marchés financiers l’anticiperaient alors dans les toutes prochaines semaines, ce qui donnerait lieu à de vifs rebonds des cours.

Mais le scénario pessimiste ne peut pas être totalement exclu même s’il n’est pas le plus probable. Dans ce cas, un retour du CAC 40 sur ses niveaux planchers de 3630 points, voir plus bas encore, redeviendrait d’actualité.

La volatilité restera de toute façon un paramètre très présent dont il faudra savoir tirer parti en prenant par exemple des positions vers un CAC 40 à 4000 points, susceptibles d’être revendues au moins partiellement vers 4600 points.

Dans une optique moyen terme, la zone des 4000 points sur le CAC 40 constitue un bon point d’entrée. Rappelons qu’après la crise de 2008, l’indice parisien avait repris plus de 40% au bout de deux ans. Nos préférences vont toujours vers les grandes valeurs ayant un business modèle résilient, un bilan solide et une présence sur des thématiques structurellement porteuses comme l’environnement, la santé ou le luxe.

Gardons aussi en tête qu’en ces temps incertains, cash is king (le cash est roi). Il faut donc en disposer suffisamment dans les portefeuilles (au moins 30%) pour rester maître du jeu.

Les informations présentées ne constituent en aucun cas une incitation à l’achat et / ou à la vente, il s’agit uniquement de données extraites des nombreuses sources d’informations reçues quotidiennement au sein du cabinet

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